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Francis Caspar, l’homme derrière la candidate

Rares sont les candidats qui mènent seuls leur barque dans les méandres de la campagne. Souvent, l’entourage proche joue un rôle crucial et les aide à atteindre leur objectif : gagner. Mais une campagne électorale peut aussi largement bouleverser un cocon familial, comme en témoigne Francis Caspar, mariée avec l’eurodéputée Anne Sander, qui compte bien se faire réélire fin mai. Il raconte son implication dans la campagne de sa compagne.

«Derrière chaque grand homme se cache une femme », dit un adage un brin désuet. Dans la famille Sander au contraire, derrière une grande femme se cache un grand homme. Mais pour Francis Caspar, pas le temps de philosopher : il faut aller chercher les enfants à l’école, conduire le plus petit à son cours de sport et le plus grand à l’ambassade pour qu’il récupère son visa américain : il va passer quelques mois outre-Atlantique, une fois les élections passées.

Anne Sander et Francis Caspar se sont mariés en 2001 et ont trois enfants.

Depuis que son épouse Anne Sander, eurodéputée sortante et 8e sur la liste du parti Les Républicains (LR) en France, est entrée en campagne pour les élections européennes, la vie de ce professeur d’économie au lycée agricole d’Obernai, au sud de Strasbourg, va à cent à l’heure.

Pendant qu’Anne Sander court de réunion publique en réunion publique, qu’elle sillonne l’Alsace à la rencontre d’électeurs, d’élus et autres acteurs associatifs et qu’elle multiplient les interviews, lui gère les « affaires courantes » – ce sont ses termes – de la famille et veille au grain afin que sa femme puisse, autant que possible, se concentrer sur sa campagne. 

Francis Caspar, le mari de la candidate Anne Sander, est originaire de la région de Saverne, au nord de l’Alsace.

Malgré tout, Francis Caspar a pris le temps de feuilleter leurs albums photo de famille et d’en extraire quelques clichés qui lui ont semblé illustrer au mieux ce que signifie, exactement, être l’époux d’une élue européenne – et a fortiori, d’être l’élue d’une politicienne en campagne. 

Une vie entre Strasbourg et Bruxelles

Car Anne Sander n’est pas novice sur la scène européenne. Son élection remonte à 2014. A partir de cette année-là, Anne Sander a donc dû commencer à partager son temps entre Bruxelles et Strasbourg, où les eurodéputés ne siègent qu’une semaine par mois. Dès lors, il a semblé important au couple de montrer à leurs enfants où leur mère travaille quand elle n’est pas en Alsace, comme en témoigne leur père :

Toutefois, l’hémicycle que les trois enfants connaissent le mieux, ce n’est pas celui de Bruxelles, mais bien celui de Strasbourg :

Un homme a joué un rôle clef dans la carrière d’Anne Sander : l’Alsacien Joseph Daul, actuel président du Parti populaire européen (PPE). Par la force des choses, Francis Caspar le connaît très bien, lui aussi. Joseph Daul a été eurodéputé, et son assistante “locale” (comprendre : installée en Alsace, et non à Bruxelles) n’était autre qu’Anne Sander. Francis Caspar raconte que c’est lui qui l’a mise sur les rails en 2014, et l’a aidée à se sécuriser une place éligible sur la liste cette année :

Joseph Daul est agriculteur de profession (sa famille possède une grande exploitation à Truchtersheim). Dans la famille Sander, l’agriculture occupe également une place absolument centrale. Francis Caspar a lui aussi grandi dans une ferme, dans les alentours de Saverne. Du côté d’Anne Sander aussi, l’agriculture est surtout affaire de famille :

Sur la liste des Républicains pour les européennes, Francis Caspar estime donc qu’Anne Sander peut se faire le porte-voix des causes des agriculteurs. Mais ce n’est pas son seul atout. Il vante aussi la capacité de son épouse de créer des réseaux – une compétence particulièrement utile pour une politicienne en campagne :

Pendant la campagne, Francis Caspar se déplace de temps en temps aux meetings que tient son épouse. Le travail parlementaire s’est terminé mi-avril ; c’est maintenant ce genre de réunions publiques qui occupent une grande part de la vie d’Anne Sander. Pour Francis Caspar, il est parfois difficile de savoir à quel endroit il est le plus utile – dans la salle, auprès de son épouse, ou à la maison, avec les enfants, pour qu’ils puissent passer du temps avec leur père :

Le couple peut toutefois compter sur le soutien indéfectible de leurs parents. Il n’est pas rare qu’il confie leurs enfants à ces derniers, afin que tous deux puissent remplir au mieux leurs engagements professionnels :

Francis Caspar a beau être le premier supporteur de sa femme en ces temps de campagne, il admet malgré tout qu’il “a vraiment hâte d’être le 27 mai”. Après les élections, il compte bien passer le plus de temps possible auprès de son épouse. Le stress généré au cours des derniers mois par la constitution de la liste, de même que le marathon de la campagne seront alors derrière eux et ils pourront profiter de vacances en famille bien méritées.

Francis Caspar ne le cache pas : il se réjouit que les élections soient passées.

Mais si Anne Sander est réélue, Francis Caspar le sait bien : il lui faudra, pour cinq ans supplémentaires, accepter de faire de nouveaux compromis, de se plier aux contraintes d’agenda de son épouse et de vivre parfois loin d’elle. Mais Francis Caspar se dit prêt à tous ces sacrifices, tant il aime voir sa compagne épanouie dans son travail. Campagne ou pas, Francis Caspar restera, c’est certain, son premier soutien.

Céline Schoen

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