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Marine Roche, militante En Marche

Les militants sont la vitrine d’un parti politique. Chargés de porter la voix de ce dernier au plus près de la population, ils jouent un rôle central dans une campagne électorale. Et certains commencent tôt : la quasi-totalité des grands partis nationaux en Europe dispose d’une section réservée aux jeunes. En France, les « Jeunes avec Macron » relaient les idées de La République en marche. Pendant la campagne des européennes, ils sont, pour le parti, des porte-voix de choix. A Grenoble, Marine Roche dirige la branche des JAM de l’Isère. Et compte bien contribuer au succès de la liste « Renaissance » le 26 mai. 

Hiver 2017. Marine Roche monte pour la première fois sur scène, devant un public de 200 étudiants à Grenoble, pour vanter les mérites d’Emmanuel Macron, alors candidat aux élections présidentielles en France. Elle s’en souvient comme son « premier grand moment de militantisme ». 

Depuis, l’ancien banquier d’affaires est devenu chef d’Etat, et Marine Roche, elle aussi, a gravi quelques échelons : à 23 ans, elle est aujourd’hui « référente » dans le département de l’Isère des « Jeunes avec Macron » (JAM). A ce titre, pendant la campagne pour les européennes, elle tente de convaincre le plus grand nombre de voter pour la liste « Renaissance », emmenée par le parti au pouvoir dans l’Hexagone. Et à l’entendre, elle y parvient plutôt bien : 

« Ce n’est pas toujours facile d’être écoutée, mais quand on approche les gens avec le sourire aux lèvres et qu’on est un minimum sympathique, alors, habituellement, on parvient à se faire entendre. Et parfois, du fait que je sois une femme, j’ai l’impression de mieux réussir à engager une conversation que certains de mes camarades de sexe masculin. »

Marine Roche n’était pourtant pas prédestinée à se passionner pour la politique. Ni sa mère ni son père ne s’y intéressent particulièrement. Plus jeune, elle n’en voyait pas non plus vraiment l’intérêt. Elle raconte que le déclic remonte au moment où Emmanuel Macron a commencé à se faire connaître :

« Déjà quand il était ministre de l’Economie, je le trouvais brillant. Puis c’est allé crescendo. Il n’a pas cessé de m’épater. J’ai tout de suite apprécié sa jeunesse, son dynamisme et son côté volontariste. »

Bientôt, Marine Roche n’a plus qu’une idée en tête : s’engager. Rapidement, la mécanique s’enclenche. L’étudiante en droit qui se rêve huissière de justice se rapproche de la section grenobloise des JAM. Elle commence à tracter sur les campus. Souriante, dynamique, pas timide, elle est rapidement remarquée. De l’organisation de débats à la rédaction de notes thématiques (sur l’emploi, l’écologie, la participation citoyenne…), on lui confie de plus en plus de missions.

Marine Roche n’a pas peur de prendre la parole en public pour vanter les mérites de La République en marche.

Puis vient juillet 2017. Son prédécesseur à la tête des JAM isérois est recruté comme collaborateur à l’Assemblée nationale. Son siège est vacant. Et Marine Roche le décroche tout naturellement. 

Ecologie, citoyenneté et féminisme

Depuis le début de l’année, elle attend avec impatience les élections européennes. La campagne qui les précède a pour elle une résonance toute particulière :

« Du côté de ma maman, j’avais un grand-père portugais qui a fui la dictature de Salazar. Il a donc été réfugié. Quand j’y pense, cela me rappelle l’importance de vivre sur un continent uni, et de se battre pour faire en sorte que dans tous les pays, les Européens aient les mêmes chances. »

Pendant la campagne, il n’est pas rare de retrouver Marine Roche postée aux arrêts de tram du centre-ville de Grenoble : elle arrête les passagers qui descendent des wagons et leur vante les mérites d’Emmanuel Macron. Elle leur glisse un tract du programme de la liste « Renaissance », qu’ils pourront à lire à tête reposée. Il y est autant question d’écologie, de citoyenneté que de féminisme, dans le but de « reprendre le contrôle du destin de l’Europe ». Beaucoup lui rétorquent que « Macron n’a jamais eu de programme » ou que « l’Europe, ça sert à rien ». Marine Roche tente alors de leur démontrer le contraire. 

Le « Pacte Simone Weil » proposé par La République en marche (LREM) touche tout particulièrement la jeune militante. Le pari du parti ? « Harmoniser par le haut les droits des femmes en Europe », là où, comme le rappelle le programme, une femme sur trois a déjà subi une forme  de violence physique et/ou sexuelle et où en moyenne, les femmes gagnent 16% de moins que les hommes. Les macronistes le promettent : « Chaque pays signataire du Pacte introduira dans sa législation les mesures les plus protectrices ayant fait leurs preuves dans les autres pays européens ».

Pas de collage “à la sauvage”

En plus des heures passées à tracter, Marine Roche colle en nombre des affiches électorales. Dans un sourire, la jeune femme décrit cette activité comme « apaisante ». En soirée le plus souvent, elle aime sillonner les rues de Grenoble et des alentours, avec deux ou trois autres jeunes, munis d’un pot de colle et d’un large pinceau.

Marine Roche trouve le collage d’affiches “apaisant”.

Pour les JAM, une seule règle : ne coller que sur des panneaux officiels. Pendant la campagne en vue des présidentielles, Marine Roche avait déchiré une affiche à l’effigie de Jean-Luc Mélenchon collée « à la sauvage » sur une bibliothèque. Elle se souvient : 

« Bien mal m’en a pris… Quand j’ai commencé à décoller l’affiche, un homme a débarqué et m’a menacée avec un mini-couteau. Franchement, j’ai eu peur. C’est dommage d’en arriver là pour de la politique. Depuis ce jour, je fais plus attention. J’ai compris ce soir-là que le monde n’était pas si rose que ça. »

Malgré tout, Marine Roche garde la pêche. Depuis le début de la campagne des européennes, à elle seule, elle estime avoir collé une centaine d’affiches. Et en tout, en tant que référente JAM en Isère, en a redispatché quelque 700 autres entre les militants.

Marine Roche est d’autant plus motivée qu’au niveau national, un grand concours « des meilleurs colleurs » est organisé entre les différentes branches des JAM de tous les départements. A la clef ? Une coupe. Compétitrice dans l’âme, Marine Roche, qui joue au football féminin au sein de l’équipe universitaire de Grenoble, est bien décidée à ramener un prix aux JAM isérois qu’elle encadre. Le verdict sera rendu après le 26 mai.

Cette date-là occupe l’esprit de Marine Roche à chaque instant. Car aussitôt les résultats des élections connus, elle saura si ses efforts ainsi que ceux de tous les autres militants partout en France, ont payé. Elle veut y croire :

« La liste est solide, et le programme aussi, même s’il s’est fait attendre [LREM ne l’a dévoilé que le 9 mai, contre mi-mars pour Les Républicains par exemple, ndlr.]. Personnellement, je préfère un programme bien fait, quantitativement et qualitativement, trois semaines avant les élections, qu’un programme bateau deux mois en avance. »

Marine Roche, encore étudiante, est un élément moteur des JAM.

Quant à la liste, Marine Roche la décrit comme « équilibrée » et « surprenante, dans le bon sens du terme ». Elle se réjouit notamment de voir que LREM a laissé la part belle aux représentants de la société civile, à l’image de Véronique Trillet-Lenoir, cheffe du service d’oncologie à l’hôpital de Lyon. La militante et la candidate ont déjà tracté ensemble. Et Marine Roche a participé à l’organisation d’une réunion publique de la doctoresse, le 10 mai à La Tronche (au nord de Grenoble). Toutefois, Marine Roche a un regret, et pas des moindres :

« Il n’y a qu’un JAM sur la liste : Pierre Marc, en 40e place. Il n’est donc pas en position éligible. C’est un peu dommage, et un peu bête, parce qu’on fait quand même un sacré boulot… »

Marine Roche tente de convaincre de voter pour la liste “Renaissance” aux européennes.

A-t-elle pensé à se porter candidate ? Evidemment. Elle connaît bien le fonctionnement des institutions européennes, elle est dotée du sens de l’engagement public et animée par la volonté de représenter son pays dans l’Union européenne, alors un temps, elle se sentait prête pour ce défi-ci. Avant de renoncer, assez rapidement :

« Je suis quand même très jeune, à 23 ans, il y a encore un tas de questions que je ne maîtrise pas. Et qui dit être eurodéputée dit passer beaucoup de temps à Bruxelles et à Strasbourg. Pour moi, ce serait un grand changement, d’autant qu’ici à Grenoble, j’ai un copain et… un chat ! »

Au grand dam de Marine Roche, son petit ami, apolitique, ne se rendra pas aux urnes de 26 mai. Elle ne le cache pas : dans leur couple, leurs divergences de vue sur l’importance d’aller voter mènent parfois « presque à la troisième guerre mondiale ». Mais ni avec lui, ni avec ses amis, ni avec sa famille (dont une partie vote Rassemblement national), Marine Roche ne s’aventure sur l’épineux terrain de la politique : 

« Je pourrais leur parler pendant des heures qu’ils ne bougeraient pas d’un iota. »

Céline Schoen

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